Mon parcours sobriété au DevFest Toulouse 2025
Jeudi dernier, j'ai passé une excellente journée au DevFest Toulouse. Sans compter mon intervention, je suis allé voir 6 présentations. C'est un record absolu pour moi qui préfère en général discuter et voir les présentations en replay.
Qu'est-ce qui m'a poussé à changer mes habitudes ? Le fait de connaître certains intervenants a un peu joué mais, rétrospectivement, j'ai trouvé un dénominateur commun à tout ce que j'ai pu voir : la sobriété.
Nous sommes dans une époque de débauche de moyens pour le moindre logiciel : des déploiements gargantuesques dans le cloud, des grands modèles de langage dont la consommation de ressources ne fait qu'augmenter. L'envie d'un peu plus de frugalité a sans aucun doute joué dans le choix de mon parcours de la journée.
La journée commence avec une plénière. Olivier Poncet nous parle d'Another World, une belle leçon d’architecture logicielle et une belle leçon de sobriété. En 1991, elle était obligatoire car la mémoire disponible dans les ordinateurs et sur les disquettes était l'élément le plus contraignant. Le monde des machines virtuelles est toujours une source d'émerveillement. Celle d'Another World avec ses instructions de dessins de polygones, est incroyable.
Ce domaine m'a toujours fasciné. Je garde encore un très bon souvenir des cours de microprogrammation pendant mes études. Et je désespère d'avoir à nouveau une machine virtuelle à programmer pour l'Advent of Code comme celle de la mémorable année 2019.
Pas facile de se concentrer sur autre chose avant de passer soi même devant le public mais j'ai réussi à me vider la tête en allant voir Mathieu Passenaud et Loïc des Rochettes raconter comment toute ma stack est dans ma BDD : Postgres et quelques "power tools" pour mon backend.
Ils ont fait tourner une appli web directrement dans Postgres, sans avoir besoin du moindre process applicatif boursouflé. J'espère qu'il ne fallait pas prendre cela au 1er degré. Mettre le moindre code métier dans la base de données est une idée dangereuse. Par contre, comme exercice métaphorique, c'était génial. C'est la preuve irréfutable qu'une appli web peut être sobre. Elle n'a pas besoin de frameworks indécents ou de dépendances incontrolables (coucou Node.js)
Le repas fut la seule période où la sobriété en a pris un coup. Les plateaux avec des choses plus appétissantes les unes que les autres surgissaient de toutes parts. Ce fut l'occasion de quelques discussions animées sans voir le temps passer.
Cela m'a fait manquer le début de la présentation d'Igor Laborie, Rewrite It In Rust: peut-on RIIR de tout ?.
Avec sa production de code natif et sa gestion directe de la mémoire, Rust est évidemment un choix à considérer si on recherche la sobriété. Je suis toutefois un peu plus réservé sur l'envie de le pousser partout, pour tout faire et, surtout, pour tout le monde. Il y a longtemps, Bjarne Stroustrup a dit "En C, il est facile de se tirer une balle dans le pied ; en C++, c'est plus difficile, mais quand on le fait, c'est la jambe qui s'arrache.". En Rust, c'est encore plus difficile. Par contre quand ça se produit, ça doit pas être beau à voir.
J'ai enchaîné avec Les codes à barres, c'est pas que de la barre ! par Sylvain Gougouzian. Je suis allé voir la forme de la présentation plus que son contenu. Sylvain est le créateur de SliDesk que j'utilise désormais pour faire mes slides.
Je ne sais pas à quel point le public a remarqué l'interactivité des slides. Vous en connaissez beaucoup des softs où vous pouvez générer un code barre directement sur le slide ou voir un terminal apparaître en plein milieu d'un slide ?
Les possibilités de SliDesk sont immenses, tout en conservant un outil assez sobre. Bref, j'ai mis "passer du temps pour mieux découvrir SliDesk" dans ma liste d'envies.
Ensuite, c'était l'heure de Ionut Mihalcea et Didier Plaindoux pour IA et Edge Computing : traitement du langage efficace, sobre et sans dépendance. Là, pas de surprise : la sobriété était dans le titre de la présentation et elle était bien au rendez-vous.
Ionut et Didier nous ont montré plusieurs techniques d'IA qui permettent des résultats étonnants en traitement du langage avec du code qui tourne localement sans moyens démesurés. Cela n'empêche pas d'utiliser les LLMs lorsqu'ils sont nécessaires mais ça permet de limiter leur usage au strict minimum.
La plénière finale, c'était le grand show de La domotique débridée, du sac poubelle au sanglier! avec Home Assistant en guest star. Une domotique là encore assez sobre puisque sans utilisation du cloud et avec des petits dispositifs peu onéreux. Un ton assez léger pour finir cette journée mais aussi quelques idées intéressantes.
Un grand merci aux organisateurs et aux bénévoles pour cette journée.